Gérard Gomez, membre correspondant de l'Académie de Philatélie nous présente ce petit sujet sur les impressions de carnets.
Bien que la RGR 2, rotative qui imprime ces carnets, possède un bloc pour des impressions en taille-douce 4 couleurs, cette possibilité n’a quasiment pas été utilisée si l’on excepte des essais en 1986 et en 1991. Le seul timbre bicolore rouge et bleu, dit Timbre de l’EURO, fut mis en service le 4 janvier 1999 à l’occasion du passage à l’euro, dont une partie en carnet.
Mais s’il n’y a pas d’encre noire dans l’impression comment expliquer ces mystérieuses traces rencontrées sur plusieurs carnets ?

Petit rappel sur la synthèse des couleurs
La synthèse des couleurs est simplement le fait de combiner différentes couleurs entre elles afin d’en créer de nouvelles. Notons qu’en synthèse,« combiner » ne veut pas dire mélange, mais superposition. Nous distinguons deux phénomènes différents :
La synthèse additive :
indique les couleurs vues par l’oeil qui résultent de la superposition des couleurs primaires.
L’utilisation pratique est le téléviseur.


La synthèse soustractive :
obtention des couleurs réalisées par les filtres colorés, telles les peintures et les imprimantes.
Grille de superposition des couleurs en synthèse soustractive


Eurêka
Dans le cas qui nous intéresse, c’est bien le résultat d’une synthèse soustractive qui donne une coloration noire suite à une bavure d’encre bleue sur le rouge !
À noter que ce phénomène a été utilisé volontairement pour l’impression du timbre Blason de Saint-Lô. La presse d’héliogravure de l’époque ne pouvait imprimer que 4 couleurs (comme cela est visible sur les références du bas de feuille).
Compte tenu de l’utilisation des couleurs métalliques, le trait de soulignement en noir (5e couleur) est obtenu par la superposition des couleurs bleu et rouge.

Pour aller plus loin : site de l’A.C.C.P http://www.accp-asso.com/ ou prendre contact avec son Président Jacky Girard ACCP – 157 avenue de Saint-Augustin 11100 Narbonne