Il y a quelques semaines, je suis tombée sur cette Joconde signée Gustave Le Gray sur Delcampe. Pour moi, la Joconde, c’était da Vinci. Alors qui est donc ce Gustave Le Gray qui s’est approprié l’un des tableaux les plus célèbres du monde ?

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Figure essentielle de la photographie du XIXᵉ siècle, Gustave Le Gray (1820–1884) est souvent considéré comme l’un des plus grands innovateurs de son temps. Formé initialement à la peinture, il se tourne rapidement vers la photographie, un médium alors naissant, qu’il contribuera à transformer profondément.

Le Gray se distingue par ses recherches techniques. Il perfectionne notamment le procédé du collodion sur verre, qui permet des images plus nettes et détaillées. Mais son génie ne se limite pas à la technique : il est aussi un véritable artiste. Ses célèbres marines, réalisées dans les années 1850, témoignent de cette maîtrise. Pour surmonter les limites de l’exposition photographique de l’époque, il combine plusieurs négatifs afin d’obtenir un ciel et une mer parfaitement équilibrés, une innovation majeure qui annonce les pratiques modernes de retouche.

Membre fondateur de la Société héliographique, puis actif dans le mouvement de la Mission héliographique, Le Gray participe à documenter le patrimoine français. Son regard mêle précision documentaire et sens esthétique.

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Malgré son succès initial, il connaît des difficultés financières et quitte la France pour l’Orient, passant par l’Italie avant de s’installer définitivement en Égypte où il décédera en 1884. Là-bas, il poursuit son travail, capturant paysages et monuments avec une sensibilité unique.

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La Joconde de Le Gray

Cette Joconde a été réalisée dans les années 1854-1855. Il s’agit d’une épreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton. Tampon-signature du photographe sur l’image et timbre sec sur le montage de 28×19 cm.

Sur base du tableau de Da Vinci, Aimé Millet a réalisé une gravure qui a été reproduite par Gustave Le Gray. Le passage par la gravure a permis de supprimer les couleurs de la peinture pour créer des épreuves albuminées virées qui réintroduisent des teintes allant du vert, au jaune, au marron ou au violet. Nous sommes loin des couleurs de base, mais le résultat a quelque chose d’envoûtant !

Bibliographie : Sylvie Aubenas et alii, Gustave Le Gray 1820-1884, Paris, BnF, 2002, p. 228)

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