L’art de la collection, c’est aussi la découverte de comment on crée des objets de collection. Dans ce cadre, Claire Beiano m’a accueillie dans son atelier pour me parler de son métier-passion, la sérigraphie.

Bonjour Claire, pourquoi avoir opté pour la sérigraphie ?

J’ai commencé par le dessin dans des écoles artistiques. Ensuite je me suis intéressée à la déco et à la publicité avant d’arriver à la sérigraphie. Pour moi, la sérigraphie liait ou plutôt complétait ces différents intérêts.

Travaillez-vous toujours sur les mêmes supports ?

Non ! J’ai imprimé sur différents supports : papier, céramique, bois, métal, plastic, tissus… J’ai réalisé des tentures, des nappes et même mes propres vêtements parfois.

Comment vous êtes-vous spécialisée dans la sérigraphie de bande dessinée ?

J’ai commencé ma carrière BD avec un client néerlandophone (librairie spécialisée en BD) qui m’a demandé de réaliser une sérigraphie d’un auteur connu pour être difficile et méticuleux. Mes essais ont été concluants. Du coup, le bouche-à-oreille et la fidélité de cet auteur m’ont permis d’ajouter de nombreux autres clients BD. Libraires, éditeurs, auteurs, galeristes… et j’en suis ravie !

Est-ce que la sérigraphie est un travail répétitif ?

Non, car les projets sont toujours différents. Comme j’ai la chance de travailler avec beaucoup d’auteurs, je dois à chaque fois m’adapter à leur style et leurs exigences.

Comment cela se passe au niveau des tirages ?

En soi, il n’y a pas de limite de tirage. Je fais rarement des tirages de plus de 300 exemplaires et heureusement, car cela devient lassant.

Et en pratique, comment produisez-vous une sérigraphie ?

Le dessinateur me transmet son dessin au trait noir et parfois ses desideratas concernant les couleurs. Je prépare les films (un pour chaque couleur) et ensuite je les transfère sur mes cadres et réalise les pochoirs. Ceux-là me permettront par après de faire des passages couleur. Pour moi, c’est le moment le plus excitant car c’est là qu’on voit enfin le résultat.

La particularité de la sérigraphie, ce sont les aplats de couleur qu’on ne peut parvenir à avoir avec aucune autre technique. Elle permet d’imprimer sur tous les supports.

Je travaille de manière artisanale. Je fais chaque passage à la main. De plus, je prépare mes couleurs moi-même et je fais chaque passage à la main.

Le nombre de passages dépend d’un dessin à l’autre. On n’a pas forcément besoin de 10 ou 12 passages pour avoir un résultat abouti. Personnellement, je n’aime pas les sérigraphies trop chargées. Je préfère l’harmonie au niveau des couleurs. J’exerce un métier-passion et heureusement… car je ne compte pas mes heures !

Vous travaillez directement avec les dessinateurs ?

D’une manière générale oui, je préfère travailler directement avec eux car cela évite beaucoup de problèmes d’incompréhension ou de temps perdu à attendre des réponses. Je les contacte et tout est clair et précis. Lorsque je propose les essais, cela me permet aussi de recevoir leurs remarques positives et négatives. Et puis quand ils sont satisfaits et qu’il m’appellent pour me remercier, cela me fait toujours fort plaisir.

Quelles sont les difficultés liées à votre métier ?

Aucun travail ne me paraît difficile, mis par contre, ils sont tous différents et ont tous des contraintes. Je suis contente quand le travail se termine et que l’auteur est satisfait.

Il m’est déjà arrivé d’avoir les félicitations d’un dessinateur alors que je n’étais pas convaincue du résultat. Je ne suis pas parfaite, mais je fais toujours au mieux.

Comme je travaille sur des formats différents qui vont de la grande 50*70cm au minuscule 4*5cm, je me suis déjà retrouvée à travailler 4 passages de couleurs sur un poisson qui ne mesurait qu’un seul petit centimètre… Une loupe a été nécessaire et c’était un beau défi !

Quelle est votre sérigraphie préférée ?

C’est difficile à dire… J’en ai fait beaucoup qui me plaisent… Mais disons que ma préférence va à une sérigraphie de Marc Michetz. Une scène érotique , trois personnages . Une belle mise en page avec des aplats de noirs équilibrés. Pas beaucoup de couleurs mais plusieurs tons. Le contour de la peau en brun lui a donné une certaine douceur à la lecture. Je la trouve superbe !

 

Ce que j’aime le plus dans ce métier-passion, c’est la découverte et la satisfaction du résultat obtenu !

Découvrez les sérigraphies de bandes dessinées en vente sur Delcampe.

Claire Beiano travaille sous le nom de Clari Screen. Suivez-la sur Facebook ! 

Héloïse

Rédigé par Héloïse

Rédactrice en chef du Delcampe Magazine et du Delcampe blog.

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3 commentaires

  1. Merci pour cette rencontre avec Claire
    Cela m’a très intéressée.

  2. Bonjour! Très bien ce reportage.Ou prendre contact ?
    Dom Merlot 5 sq Renoir 59233 Roncq

  3. A Bruxelles premier salon du multiple.Villa Ampin