Pour les Belges actuels, difficile d’imaginer que notre plat pays n’existait pas encore il y a seulement 200 ans. Partant de ce constat, nous pouvons imaginer des régions fortes qui ont battu leurs propres monnaies. Parmi elles, la Principauté de Liège.
La Principauté épiscopale de Liège est un État du Saint-Empire romain germanique qui a existé de la fin du Xème siècle à la fin du XVIIIème siècle, ayant pour capitale la ville de Liège.
C’est en effet en 985 que l’impératrice Théophano a attribué les pleins pouvoir sur le territoire du Comté de Huy à l’évêque de Liège.
Hormis les États pontificaux, pour lesquels le pape n’avait pas de suzerain, les titulaires de principautés ecclésiastiques restaient tributaires de l’autorité supérieure et des lois des États laïcs dont ils dépendaient. Liège était dans ce cas.
La Principauté de Liège constitue un exemple notable de principauté ecclésiastique, un État fondé en 985 et qui a existé pendant plus de 800 ans, jusqu’à la formation de la République liégeoise, annexée par la République française en 1795. Sur cette période, il y a eu quelques 90 Princes de Liège. Débutant par Notger, notre prince-évêque et terminant par François-Antoine de Méan dont le règne prit fin en 1794. Nous ne pourrons pas faire un exposé de toutes les monnaies frappées dans cette période, cela rendrait cet article illisible de par sa longueur.
Intéressons-nous aujourd’hui à l’un de ses princes : Maximilien-Henri de Bavière (1621-1688) qui obtint le diocèse de Liège, de son oncle et prédécesseur, Ferdinand de Bavière. Maximilien-Henri de Bavière eut un rôle actif et essentiel lors de la Guerre de Trente Ans, qui opposa protestants et catholiques. Il régna de 1650 à 1688. Non content d’être à la tête de la principauté de Liège, son territoire s’étendait sur Cologne, Hidelsheim et même Münster à la fin de son règne. C’est à lui qu’on doit, entre autres, la citadelle de Liège.


Financièrement, à Liège, il relança les ducatons (pièces d’argent). Il y eut aussi des liards, des patagons mais également des piéforts (rarissimes) . Sur une bonne partie de ces monnaies, on trouve sur l’avers le profil de Maximilien-Henri de Bavière et sur le revers les armoiries de la famille de Bavière.
Sur beaucoup de monnaies de l’époque, il est fait état du titre de duc de Bouillon de Maximilien-Henri de Bavière. Comme évoqué plus haut, on remarque que la Principauté de Liège avait un territoire qui allait bien au-delà de la ville de liège.
Aujourd’hui, ces monnaies peuvent atteindre des prix de plusieurs centaines d’euros pour les modules en argent. Outre leur valeur financière, elles sont aussi particulièrement valeureuses du point de vue historique.

